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Des visites d’exception

Ce séjour en Italie leur a permis de découvrir des lieux inédits pour eux, en lien avec la déficience visuelle.

Le musée Omero d’Ancône

La première étape de leur voyage les a conduits à Ancône, sur la côte Adriatique. Ils se sont rendus au musée tactile Omero. « Nous y avons passé la matinée du dimanche mais nous avons regretté de ne pouvoir y rester plus longtemps. La visite, comme il y a dix ans, fut magique. » Le Musée Omero est un musée complètement tactile : tout se touche. Les statues, les sculptures, les bas-reliefs et les objets se découvrent par le toucher. Le musée est ouvert à tous les publics. L’essentiel repose sur la finesse et l’acuité du toucher ainsi que sur la capacité à se laisser porter par ce sens. Voilà qui inverse les tendances ! « Quel bonheur de toucher la louve allaitant Romulus et Rémus, d’entrer à l’intérieur de la maquette du Parthénon, de percevoir la douceur froide de la poudre de marbre ou les possibilités offertes par le plâtre. »

Le musée comporte plusieurs sections dont des œuvres contemporaines alliant dimensions sonore et tactile par exemple. Certains artistes créent spécifiquement pour le musée. Il développe aussi depuis peu un département consacré au design mais le temps a manqué à Mathieu et Anne pour en profiter. Ils ont eu la chance de rencontrer le Président et Fondateur du lieu, Aldo Grassini qui leur a accordé un entretien de deux heures. « C’est un homme de 86 ans, aveugle, passionné et convaincu par l’importance de l’art et du toucher. Il suscite l’admiration. » 

Le Musée Anteros de Bologne

Par ailleurs, sur les conseils d’Enrika, l’une des professionnelles rencontrées pendant la semaine à Padoue, Anne s’est rendue une journée à Bologne. C’est à 1h30 de Padoue en train. Elle y a visité le Musée Anteros dans l’Institut Cavazza pour les aveugles et a pu rencontrer la professeure d’histoire de l’art à l’université de Bologne Dott.ssa Loretta Secchi, fondatrice du musée Anteros. Le musée regroupe des reproductions de célèbres chefs-d’œuvre en modelage. Anne a ainsi pu toucher une reproduction de La Cène de Léonard de Vinci ou de La Vague de Katsushika Hokusai. « À l’émotion esthétique de toucher des matériaux délicats et subtils s’ajoutait l’émotion personnelle d’avoir directement accès à des représentations d’œuvres du patrimoine mondial », patrimoine mondial dont elle n’avait eu que des descriptions verbales jusqu’alors. La découverte fut accompagnée par les conseils de Simone, recommandé par la Professeure Loretta Secchi, autant érudit en histoire de l’art qu’en connaissances du public aveugle. Simone l’a immédiatement mise en confiance et à l’aise dans la découverte des « tableaux », lui faisant faire des choix personnels et sensibles entre paysages, mythologie ou religion. « Il m’a incitée à poser toutes les questions qui me tenaient à cœur, sans gêne ou peur de me tromper. »

Anne s’est ensuite greffée à un groupe de visiteurs polonais avec qui elle a suivi une visite relatant l’histoire de l’Institut Cavazza. Cela lui a permis d’apprendre que le musée Anteros développait aussi des ateliers de modelage pour le public malvoyant et aveugle et que l’Institut Cavazza était un lieu de résidence pour ces personnes.   

Des échanges de pratiques spécifiques à la déficience visuelle

La semaine à la Fondation Robert Hollman a commencé le lundi 15 décembre après-midi et s’est terminé le vendredi 19 à midi. 

Un atelier d’initiation à la lecture d’images tactiles

Le SDADV a souhaité faire profiter de ces ateliers à des professionnels de la fondation et à un graphiste extérieur. L’idée était de leur présenter le travail développé depuis un an en France. Les participants ont été mis en situation de lecture tactile dans un contexte connu et familier pour eux. Ils ont ainsi découvert sous bandeau une carte de la silhouette de l’Italie localisant la Vénétie ainsi que le blason de la ville de Padoue spécialement produits pour cet atelier à la fondation. Toujours sous bandeau, les participants ont réalisé un puzzle de la forme de leur pays et se sont exercés au jeu des différences sur des images tactiles. Mathieu et Anne ont pu expliciter les compétences de lecture tactile indispensables à travailler. Ce « public » averti s’est pris au jeu et a accompli les différentes tâches avec enthousiasme et précision.

Une formation au dessin en relief assisté par ordinateur

Les jours suivants, Mathieu a initié certains professionnels de la Fondation au dessin en relief assisté par ordinateur avec le logiciel libre Inkscape qu’ils ne connaissaient pas. Ils ont produit leurs propres ressources tactiles qu’ils envisagent désormais de proposer aux enfants qu’ils accompagnent à la fondation : des jeux et des images. Anne a testé et commenté les productions, comme cela se fait à l’INSEI. Les participants ont pu voir l’importance de travailler en binôme : dessinateur voyant/lecteur aveugle.

Mathieu et Anne ont également présenté pour la première fois une méthodologie et un déroulé de l’atelier élaborés dans l’objectif de diffuser cette pratique auprès de tous les publics. L’objectif est que les participants puissent à leur tour concevoir et animer des ateliers tout en produisant leurs propres contenus tactiles. 

Un atelier Lego

Sur invitation du SDADV, Marie Odou et Marc Angelier de la fondation Lego (Lego Braille Bricks) ont pu animer deux sessions de sensibilisation à l’utilisation des Lego pour des activités de pré-braille au sein de la fondation Robert Hollman. La première session s’est tenue auprès d’une vingtaine d’agents de la fondation, la seconde auprès d’une quarantaine d’enseignants de la Vénétie travaillant dans des écoles qui accueillent des élèves déficients visuels. Mathieu a pu accompagner Marie et Marc lors de la première session pour découvrir ces animations.

Des partenariats renforcés 

Avec la Fondation Robert Hollman

Cette formation nous a permis de rester en contact avec des professionnels de la déficience visuelle (éducatrices, enseignantes ressources notamment). Nos échanges nous ont fait découvrir le fonctionnement de la formation des enseignants spécialisés en Italie et les modalités de scolarisation des élèves. Les professionnels ont aussi partagé du matériel pédagogique et des ressources qu’il leur paraissait important de nous faire connaître. Ainsi le livre De la Fenêtre de Laura Cattabianchi fut une des découvertes pour le SDADV : Mathieu et Anne avaient rencontré l’autrice en France. « Cet ouvrage a été primé cette année à la Foire internationale du livre de jeunesse de Bologne et Laura était ravie d’apprendre que nous rencontrions à Padoue des professionnels italiens de sa connaissance. »

Maria-Eleonora Reffo, directrice de la fondation Robert Hollman et Chiara Pennon, chargée de projet et principale intermédiaire entre l’INSEI et la fondation ont favorisé la réussite de cette mobilité. Ce séjour a également été l’occasion de retrouver Tiziana Batistin, psychologue et professeure à l’Université de Ferrare. Tiziana était venue à l’INSEI en mai 2024 et avait présenté à plusieurs professionnels de l’institut et le fonctionnement de la fondation Robert Hollman. Tiziana avait également participé à l’organisation du colloque de l’ICEVI-Europe en mai 2025.

Avec le Centre des Monuments nationaux

La visite du musée Omero  a été organisée avec la présence de Delphine Harmel, chargée de mission accessibilité au Centre des Monuments nationaux (CMN) en France. Cette visite collective a renforcé le partenariat entre l’INSEI et le CMN. Cette visite conjointe a permis d’imaginer des projets d’expositions tactiles, d’échanges d’œuvres entre le musée Omero et les institutions dépendant du CMN.

Avec la fondation Lego

Le partenariat avec Lego s’est renforcé à l’occasion de cette mobilité. Une convention est en cours de signature avec l’association de Marie Odou et Marc Angelier et des échanges de ressources, des participations à des manifestations communes sont initiés.

« Ce séjour nous a permis de découvrir un pays très inclusif et avancé en matière d’accès à la culture pour les personnes déficientes visuelles. Notre mobilité fut l’occasion de tisser des liens importants avec des partenaires nouveaux et de partager des pratiques professionnelles. Il nous a donné à réfléchir à des possibilités d’organiser des rencontres entre enseignants spécialisés français et italiens mais aussi d’imaginer la possibilité de développer plus d’échanges entre les deux pays, y compris pour les élèves. De manière générale, cette mobilité nous a permis de découvrir d’autres fonctionnements pédagogiques auprès d’enfants déficients visuels mais également d’inscrire davantage nos actions (de production, de formation, de conception de méthodologie) dans une perspective d’éducation inclusive. Nous retiendrons aussi le charme de la ville de Padoue, classée au patrimoine mondial de l’Unesco, où la présence de l’université tient une place remarquable et sensible dans l’ensemble de la ville. » 

Sitographie

 

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