

La recherche vise à co-construire une méthode d’entrée dans la lecture-écriture pour les élèves sourds. Elle a pour originalité de se baser sur le support des albums de jeunesse pour l’entrée dans les apprentissages.
Présentation de la recherche en LSF
Pourquoi ce projet ?
Les travaux de recherche et les expériences en classe ont montré les difficultés rencontrées par certaines personnes sourdes pour accéder au langage audio-vocal du fait de leur surdité et, s’agissant du langage gestuel, en raison d’un manque d’exposition à la Langue des signes (Naves, Brisset et Pétreault, 2016). En conséquence, leur accès à la langue française écrite s’en trouve largement entravé (Hall et al., 2019 ; Tominska, 2015 ; Gulati, 2018 ; Perini, 2013, Hamm, 2008 ; Niederberger, 2007), ce d’autant plus que les méthodes qui leur sont destinées, souvent inspirées de celles proposées aux entendants, reposent majoritairement sur l’audition et la phonation et sous-estiment les enjeux linguistiques de l’apprentissage de l’écrit, tant pour les élèves malentendants pour lesquels un appui sur le français oral est possible que pour les élèves sourds s’exprimant en langue des signes française (LSF), ou ceux privés de toute langue de communication (Vanbrugghe 2005, 2013).
Permettre l’accès au français écrit et aux contenus culturels véhiculés par l’écrit est un enjeu primordial, afin d’éviter les discriminations subies en raison d’une privation langagière et d’un défaut d’accessibilité des supports écrits et aux méthodes d’apprentissage de la littératie, en accord avec les principes de l’article 5 de la Convention Internationale relative aux Droits des Personnes Handicapées (CIDPH) concernant l’égalité et la non-discrimination et de l’article 27 de la Charte des Nations Unies des droits humains.
Ce projet vise la production et la diffusion d’une méthode d’apprentissage de l’écrit/accès à la langue française par l’écrit, à partir d’albums de jeunesse tout public, dont seront extraites différentes activités d’apprentissage prenant en compte la diversité des élèves sourds, de leurs modes de communication et de leurs stratégies d’apprentissage.
La perspective défendue par ce projet relève d’une double conception d’accessibilité pédagogique à la fois universelle et différentielle. Les supports et outils envisagés s’inscriront dans le champ des universaux du langage et des cultures et peuvent à ce titre être utilisés en contexte ordinaire. Pour autant, les options de différenciation permettront de prendre en compte une dimension importante touchant au principe éthique qui sous-tend ce projet, à savoir le respect du droit des enfants handicapés à préserver leur identité (CIDPH, art. 30.4), entendue ici comme identité culturelle et choix linguistique (langue française ou langue des signes française).
Déroulé
Après une phase exploratoire qui croise les pratiques des enseignants, des élèves sourds et oralistes et les approches des parents, il s’agira d’établir des critères de sélection d’albums de jeunesse.
L’expérimentation se déploiera en deux temps.
Un premier temps durant lequel les enseignants élaboreront des séances ou séquences d’apprentissage d’entrée dans la lecture-écriture à partir d’un ou plusieurs albums sélectionnés. Ce temps sera suivi d’une analyse des productions (analyse des fiches de préparation, des traces d’élèves, observations) et des effets ressentis (entretiens enseignants, focus group élèves).
Un second temps prévoit la co-construction (équipe de recherche et enseignants partenaires) d’une méthode d’apprentissage, basée sur les résultats exploratoires et les quatre critères d’analyse. Il s’agira de mettre en œuvre des séances ou séquences articulées autour des albums sélectionnés, à partir de la méthode proposée. Un retour sur l’expérimentation (observations, entretiens et focus groups) permettra de comparer les résultats sans la méthode et avec la méthode, et croisera les ressentis des élèves, de leurs parents et des enseignants, afin d’affiner les outils et les supports d’application.
Le projet vise des retombées concrètes à la fois scientifiques et opérationnelles. Parmi les productions attendues figurent des critères de sélection des albums, une méthode formalisée, ainsi qu’un prototype de mallette pédagogique comprenant un guide pour les enseignants, des fiches de séances et des activités adaptables en LSF ou en français écrit.
Durée du projet
- 2026-2028
Porteur du projet
- INSEI Grhapes – Laurence Joselin
Membres de l'équipe projet
- Laurence Joselin – co-responsable scientifique
- Anne Vanbrugghe – co-responsable scientifique
- José Dobrzalovski puis Clémentine Fave
- Olivia Lewi
- Éric Martin
- Marie-Laure Veilhan
Financeurs
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Firah (Fondation internationale de la recherche appliquée sur le handicap) / Fondation pour l’Audition
Partenaires
La recherche mobilise des enseignants de dispositifs pour jeunes sourds en cycle 2 à Paris, Lyon et Nancy, motivés pour expérimenter d’autres approches de la lecture-écriture et exerçant dans des établissements connus pour leur actions ou positionnements inclusifs envers les élèves sourds, en prenant en compte la diversité des modes de communication et d’enseignements pour les élèves (langue des signes française ou français oral), la diversité des dispositifs (PEJS ou Ulis école) et la diversité des profils d’enseignants (enseignants sourds ou entendants).
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Académie de Lyon
Nathalie Stoetzel
Ecole élémentaire Croix Luizet ULIS TFA
61 rue Château Gaillard 69100 VilleurbanneRobin Teinturier et Laetitia Fiat (puis Benjamin Massard)
PEJS Bilingue école élémentaire Condorcet
6 rue Alfred de Musset 69003 Lyon - Académie de Nancy
Eloïse Lhuillier
Ecole élémentaire Marcel Leroy ULIS TFA
22 rue de Graffigny - 54000 Nancy -
Académie de Paris
Alexandra Briet
UEI (INJS) école élémentaire Buffon
75005 ParisEmilie Jacob et Aurélie Thaumoux-Crozat
PEJS Bilingue école élémentaire
53 rue de Turenne 75003 Paris


